mercredi 16 août 2017

Wanted: Lemlih Abd Allah Ben Brahim à Doha (Qatar)

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Maroc / Scandale : Même morts les riches mangent les pauvres

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Avec ces deux cimetières high class, le rbati et le casablancais, chouha (honte) devient de la famille de chouhadas (martyrs). Un bourgeois "bien" enterré et un pauvre "mal" enterré c'est comme un dépôt de bilan en couleur et un en blanc et noir ! Bilan idem car zéro en couleur et en blanc et noir...

Au Maroc, il y a deux cimetières high classe: Ce sont les cimetières des Chouhadas (Martyrs). Un à Rabat, l'autre à Casablanca. A ma connaissance tous les deux étaient déjà pleins au début des années 80: 

J'ai vu celui de Rabat presque plein en 1981 lorsque j'y ai enterré mon père. J'ai vu celui de Casablanca vraiment plein lorsque j'y ai enterré quelques mois après mon ami et camarade docteur Aziz Belal .

Mais dites-moi à quel fkih ou aalem, je dois demander pourquoi et comment et par quel miracle, 36 ans après les "moudjahidines" et les très riches trouvent toujours une place dans ces deux cimetières...  J'ai vu y être enterré la famille du milliardaire Berrada dont la femme a été mon élève à Casablanca. Les 4 membres de cette famille morts déchiquetés dans le crash de leur jet vers Grenoble (04/01/2013) ont eu droit à 4 cercueils et à la présence de Benkirane (chef de gov)...

Si vous voulez lire davantage sur cet aspect de la folie de notre bourgeoisie qui, attendant de se faire enterrer dans l'espace, elle s'entasse au-dessus des pauvres morts en premier,  voyez mon ouvrage en préparation intitulé L’égoïste inox où je démasque ce triste et stupide égoïsme qui gangrène notre société où des analphabètes peuvent être multimilliardaires et des gens très cultivés peuvent devenir des mendiants...

Paix sur Meziane Belfkih, conseiller royal, qui a demandé à être enterré modeste comme Driss Benzekri, dans son douar natal de l'Oriental !
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Seule bonne chose chez les Wahhabites:leurs enterrements...

Maroc: Abdel Krim Ghallab un exemple d'injuste reproduction


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Presque tous nos médias parlent de Abdel Krim Ghallab mort à 98 ans et enterré hier. On ne tarit pas d'éloges pour ce "moudjahid"...

Or tout ce que je peux saluer chez cet homme qui n'est pas plus grand que d'autres (seul Allah est grand), c'est que, devenu aveugle à 95 ans il a continué à écrire. Lui qui a écrit 75 livres. De la littératures pure arabe qui évite de remettre en cause trop de choses...

Cependant toute sa littérature a été au service d'un impérialisme sous-développé made in Egypte. Il a toujours méprisé le darija marocain, l'amazighe, l'hébreu et les adstrats latins légitimes... Il est resté fixé à son poste du quotidien Al Alam de 1960 à 2004 et à plus de 80 ans ! Où est la relève ?

Mais ce que je ne peux oublier c'est que son fils aîné était durant trois ans camarade de mon cousin au lycée Moulay Youssef de Rabat. Le petit Ghalab a doublé la Terminale et obtenu son bac passable, alors que mon cousin n'a pas doublé et a obtenu le diplôme avec mention Bien. Tous les deux font des études supérieures. 

Le fils à Ghallab devient vite PDG de pacotille mon cousin travaillera pour l'Etat marocain durant 35 ans!  Retraité, le Lemlih n'aura même pas un logement à lui tandis que le Ghallab sera multimilliardaire et détenteur d'une collection de propriétés... Le Makhzen sert bien ses clients  ! 

Avant la fin du siècle ces profiteurs reproducteurs seront démasqués, car cette reproduction mène droit vers le mur de l'implosion du système ! 

mardi 15 août 2017

Maroc: Le plaisir d'être plus propre qu'un ministre fils de pacha

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J'ai connu depuis plus de 25 ans ce docteur en statistiques du Canada...

En 2012 il a été nommé Ministre de la culture. Je l'ai félicité, il m'a répondu. Je suis allé le voir à Rabat, il m'a reçu... Je lui ai proposé une campagne culturelle visant à revaloriser le travail manuel au Maroc... Il a dit d'accord on va voir !

Lorsque j'ai appris qu'il était fils de pacha, et qu'il possède tout un quartier industriel à Salé, je me suis dit çafarien y a bien des princes de gauche...

Lorsque j'ai appris qu'il voulait faire dégager des dizaines de familles pauvres installées sur 54 hectares à Rabat, titrés par son père le Pacha de Salé,  Je me suis dit que c'est peut être un peu trop exagéré !

Lorsque j'ai appris qu'il offrait des postes à ses proches avant de partir avec Benkirane, je me suis dit que c'est encore trop et vraiment trop !

Lorsque je l'ai vu danser à Djemaa El Fna, je me suis dit c'est pas spécialement joli et qu'un bled comme le Maroc mérite plus que ça...

Mais lorsque j'apprends que 5 milliards ont disparu sous son autorité, je dis merde

Mais lorsque j'apprends que sous son autorité un garçon de café aurait reçu 43 millions de subventions pour une activité culturelle bidon, je me suis mis à donner des coups de couteau sur la statue-poupée "Dirham" représentant ce monstre qui rend fou, cette drogue qui rend idiot, ce miroir aux alouettes qui trompe les innocents...

PUIS JE ME SUIS SENTI MIEUX ET PLUS PROPRE QUE MON EX CAMARADE MINISTRE QUI DEVRAIT ETRE SANCTIONNE ILLICO PRESTO SI ET SEULEMENT SI IL Y AVAIT UN PEUPLE RÉVEILLÉ ET UNE JUSTICE EVEILLEE !

lundi 14 août 2017

France: La Tour Eiffel appartiendrait au royaume du Maroc

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La dernière fois que j'ai fait un saut à Paris, j'ai eu le privilège d'être accompagné lors de ma visite à la fameuse Tour Eiffel par un élu à la Mairie du VIIème arrondissement parisien. 

Nous sommes montés au troisième étage, c'est-à-dire tout au bout de la Tour. J'ai pu voir dans la pièce non accessible à tout le public, le fameux livre d'or de la Tour... 

Il y avait un mot du sultan marocain Moulay Youssef, grand-père de Hassan II ... En arabe le Roi a écrit "Hada min fadli rabi" (C'est un don d'Allah) puis il a signé ! 

A cette époque-là, c'était la formule qu'on retrouvait sur la plupart des actes de propriété au Maroc... Par ricochet on peut donc affirmer que la Tour Eiffel est une propriété marocaine !

VISITEZ LE MAROC ET SURTOUT AGADIR !
ACHETEZ  Y  VOS ALCOOLS CHEZ VICTORIA !

INNA LILAH WA INNA ILAIHI RAJIAOUNE: Said Lemlih a été tué

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INNA LILAH WA INNA ILAIHI RAJIAOUNE !

Lemlih Saïd, fils d'Ahmed (OS et militant CGT en France puis vendeur d'alcool au Maroc), fils de Mohamed (paysan), fils de M'hamed (boucher), fils de Brahim (vagabond) fils de Abal (aventurier) assassiné après qu'il ait envoyé en enfer trois de ses agresseurs dans l'Anti Atlas, vers la fin du XVIIIème siècle. Sa femme, ma très lointaine grand-mère, tuera les assassins de Abal. C'était au moment même où les Français coupaient la tête à leur Roi et à leur Reine accusés de porter des culottes devant un peuple sans culotte !

Ce Saïd Lemlih que vous avez connu vient de mourir... Il laisse la place à un autre plus prompt à voir la vie en rose et à agir comme Jésus: donner la joue gauche à qui vous gifle sur la droite... Un autre complètement libéré de l'adoration du fric... Un autre assoiffé du savoir et d'idées...!

LE PRÉCÈDENT SAID LEMLIH VOUS DIT DONC ADIEU ! Tué par le capitalisme individualiste et égoïste, il renaîtra de ses cendres pour se moquer royalement de son tueur tout en cessant d'être un petit chiot qui aboie contre des gens malades de "leurs" biens...


dimanche 13 août 2017

Dans notre économie, l’égoïsme est plus important que les pêches maritimes

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L’égoïsme est le mal normal de la plupart de ceux qui s'enrichissent dans le Maroc d'aujourd'hui... Le Makhzen, par ses pratiques multiples, favorise, encourage, soutient et récompense cet égoïsme. Le rôle dans le progrès économique de celui-ci se situerait au alentours de 5% !

Les égoïstes oublient les autres par définition. Ils se mettent à concentrer entre leurs mains tout se qui se vend ! Lorsqu'ils ont une société, ils se dépêchent de former un groupe de sociétés et devenir une machine à faire des sous...

Ils préfèrent nettement plus, donner la charité à donner leurs droits à ceux qu'ils ont trompés ou exploités: Un égoïste peut donner avec plaisir une aumône et refuser de donner la même somme comme droit !   

Alcools: Un commerce normal, c'est le Makhzen qui l'a maudit


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Ces injustices matérielles ont un grand avantage à qui pense bien: Elles libèrent des dogmes religieux et montrent que l'homme n'est qu'un animal moins solidaire, moins organisé, moins fraternel que beaucoup d'autres animaux y compris des insectes, par exemple les abeilles...

Makhzen: La seule partie pourrie de l'Administration et surtout des élus dénoncée magistralement par notre Roi le 30 Juillet 2017. L'actuel Palais, les FAR et un nombre grandissant des gens de l'Intérieur ne font plus partie du Makhzen: Ils se sont élevés  au-dessus de ces pourritures mesquines et makhzeniennes qui ont juste une calculatrice dans le cerveau.

Connaissant très bien deux problématiques éloignées, l'Education Nationale et le commerce des alcools, je suis en train de développer une recherche originale sur la crise de ces deux... Le Makhzen (au sens large: la périphérie pourrie du pouvoir + les partis nationalistes) porte ici une grande responsabilité: Avec sa déification du flousse et l'institutionnalisation de la corruption, le Makhzen a détruit l'école publique et subordonné le commerce des alcools à sa volonté. Une volonté basée sur un égoïsme fort maquillé évidemment... 



Ceci est mon avant dernier post de ce genre dans ce blog. Les futurs posts seront juste pour ne pas fermer cette fenêtre .

Comme je suis né avec un esprit révolté (cf mon prochain roman autobiographique La blessure des clous de girofle  (qui sera publié prochainement) je refuse donc toutes les injustices... Et la plus grande injustice je l'ai subie durant l'essentiel de ma vie. C'est le Makhzen qui en est le responsable premier. Concrètement, cette injustice peut être très sommairement résumée en dix points...

1)  Il m'a trompé et intoxiqué dans son école "publique" car mieux vaut ne pas faire d'études et... Il m'a raconté que pour réussir il faut travailler honnêtement en respectant les droits des autres...

2)  Il m'a scandaleusement exploité durant des décennies pour me donner une retraite inférieure au coût d'une simple table lors d'un mariage high classe...

3)  Il m'a poussé à me marier sans me dire ce qui attend celui qui fait des enfants sans gagner de nombreux millions par mois... Il ne m'a pas dit qu'être papa dans ce bled c'est pouvoir être une belle vache à lait... C'est pouvoir disposer d'un héritage commun tout seul et le développer pour soi tout seul et pour sa petite famille toute seule... 

3)  Durant 25 ans, en début de carrière et avant mariage, j'ai toujours passé mes vacances d'été à travailler en Europe pour revenir, en moyenne, avec plus du double en devises de ce que ce Makhzen me donnait en un an. J'ai même fait un mois de prison à Copenhague pour vente de joints au Tivoli de la capitale danoise... J'ai mendié à la mosquée de Regent Parc (Londres) durant 5 semaines (cf Journal d'un prof mendiant) pour revenir au bled avec, en devises, 2 ans de mon salaire !!!!

4)  Avec mes économies de dizaines d'années, j'ai acheté un terrain offert à Aziz Bouderbala par le Makhzen pour y construire un chez moi. J'ai aussi acquis un terrain en Z.I. et construit un dépôt suite à une promesse d'association familiale non tenue. Mais ce dernier terrain demeure hypothéqué par Al Omrane qui demande 4 millions de corruption pour donner le quitus ! = Pour moi la Conservation foncière est hors-la-loi comme elle est devenue: un nid d'escrocs...

5)  Depuis 15 ans, un bien foncier hérité est aussi hypothéqué au profit d'un loup nommé banque par la grâce du même Makhzen qui rend d'honnêtes citoyens comme des machines assoiffées de fric ! Il pousse à refuser de s'associer avec le mâle dont on a partagé l'utérus maternel et les testicules paternels ! Le Dirham étant au dessus de l'être: C'est la confusion de l'être, de l'avoir et de faire! Un monstre ! S'associer dans un commerce hérité ensemble et à parts égales ? Non c'est contraire à l'être ! Le même Makhzen hypocrite jusqu'à l'os, pousse des mendiants et des prostituées à s'associer dans des coopératives crève-la-faim ! Les associations fraternelles ne semblent pas lui plaire beaucoup... Inconvenances...

6)  Un fonds de commerce hérité subit, par la grâce du Makhzen, une tentative de spoliation... Il serait avalé comme un petit pain de tafarnoute par une chaîne qui se veut moderne et réellement...

7)  Le Makhzen est aussi responsable de la cession de mon terrain de Lalla Haya à un juge à Kech pour une bouchée de pain ! Cession restée impayée depuis 14 ans !

8)  Ce Makhzen me paye constamment avec des ghadis (futur arabe  hypothétique)...

9) Pan représentatif de cette pourriture, la justice de souk qui s'occupe des zou... refuse de m'enfermer en prison car le Makhzen veut continuer à me nikaher tout seul...

10) Ce demi-dieu m'interdit de me suicider ce dont je suis convaincu à 57% (+2% en un mois) ... Car lorsqu'ils sont encerclés par des injustices, les hommes libres refusent le niquage, ils refusent de lécher les bottes pour une charité: Ils vont en prison ou chez Allah où ils vont attendre le jugement dernier, s'ils sont croyants, sinon ils vont être les premiers à profiter du bilan final: Le zéro terminal qui égalise tout le monde: habitants des palais = habitants des gourbis, habillés de soie = habillés de hardes, courtisés = vomis, dormeurs dans des lits d'empereur byzantin = dormeurs sur des cartons, généraux = simples soldats, connus = inconnus !...
...

 Affaire à suivre 

samedi 12 août 2017

Alcools: Le plus riche commerçant d'Afrique investit à Agadir

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En Arabie on cache bien les fesses et l'alcool, ce qui leur donne plus de valeur !

Le plus riche commerçant d'alcool en Afrique n'est pas Madame Ghita Zniber, PDG du groupe DIANA HOLDING qui tout en brassant des centaines de milliards est alourdie par des milliers d'ouvriers et par une Administration qui laisse à désirer... Ce n'est pas non plus les gros producteurs sud africains..

Le riche commerçant d'alcools investisseur à Agadir n'est pas cette même Diana qui, faute de foncier attrayant, a préféré laisser tomber le Souss pour aller investir près de trois milliards dans une usine d'eau de table à Oujda...

Le plus riche commerçant d'alcools en Afrique emploie moins de dix personnes: C'est un Français d'origine algérienne installé à Djibouti, à l'autre extrémité nord de l'Afrique. Il importe whiskys, champagnes et vins de qualité, pour ensuite les exporter dans les riches palais d'Arabie... Il y aurait là au moins un émir qui remplit sa baignoire avec du champagne Moet et Chandon !

Le commerçant vient d'acheter une splendide villa à Illigh (Agadir) pour plus d'un milliard et demi et d'offrir un appartement de la Marina (Agadir) à son cousin harki devenu français comme lui ! 
 Principaux sites de la ville.
    Djibouti un havre de paix en face de l'Arabie entre guerres et folies !

LES ALCOOLS DE LA COLÈRE: Futur roman de Saïd LEMLIH

                    Saïd  LEMLIH
       



Les alcools de la colère
                
   

                                Roman inédit
  
            (extrait de manuscrit premier jet)



Début de l'automne mille neuf cent quatre-vingt.

Ahmed baisse le rideau de son épicerie dimanche soir à vingt heures, comme l’exigent les autorités locales. Eté comme hiver, en effet, les débits de boissons alcoolisées, réduits à moins de dix dans tout Marrakech, doivent fermer à huit heures précises. Aucune minute de plus n’est tolérée. A cette époque-ci, la stupide l’arbitraire et la dérangeante répression de « vente des alcools aux Musulmans » est plus forte que la corruption systématique qui se limite, pour les anciens débits, à deux ou trois fois dix Dirhams collectés chaque jour par les fourgonnettes de police et versés à la toute nouvelle mafia dirigée, entre autres, par Driss Basri, le super flic de Hassan II.

Après la fermeture, le vieil homme n’arrive pas à compter la recette du samedi et du dimanche réunis. A soixante-quinze ans révolus il est normal d’abandonner un trésor pour raison de fatigue. Un gros sac plein de billets de banque demeure donc caché, derrière le comptoir.

Debout au balcon, au-dessus du magasin, Saïd, le fils aîné d’Ahmed, regarde devant lui les quatre rangées  d’arbres de l’avenue de Casablanca, devenue boulevard Mohamed Abdel Krim Khattabi. LES ARBRES sont en train de perdre leurs feuilles. C’est un automne sortant de l’été et allant vers un hiver hypothétique car dépendant de la volonté céleste. Parfois pas une goutte à Marrakech tout un hiver. D’ailleurs sept semaines plus tard, le Roi demandera solennellement au peuple de faire des prières rogatoires pour la pluie.

Le jeune homme regarde la montagne du djebel Guéliz derrière laquelle se développe le quartier moderne qui porte son nom. Il a été construit par les colons français, au début du XXème siècle. En voyant une fourgonnette de police, Saïd pense à cette indépendance du royaume qui vient d’avoir vingt-quatre ans : le pénible et difficile début de l’âge adulte, après les drames de l’adolescence représentés par les putschs du début des années soixante-dix.

Comme toutes les grandes vacances d’été, Saïd était en Europe. Il a encore en poche une liasse de Lires italiennes fruit de six semaines de travail dans une cueillette de raisins dans la péninsule. En touchant les billets, le professeur a à l’esprit sa visite à Pompéi, non loin de Naples. Il avait payé cher pour visiter des villas de seigneurs morts d’un seul coup un vingt-quatre Octobre soixante-dix- neuf, après Jésus Christ, sous la poussière incandescente  de l’explosion du volcan Vésuve.

C’étaient des demeures luxueuses où le trio sexe,  drogues et alcool était l’alpha et l’oméga du plaisir de vivre. Lorsque Saïd demanda à l’Italienne qui l’accompagnait : « Que fait donc un chien dans ce hamam romain ? », elle lui dit une phrase en italien qu’il n’oubliera pas : « la riccheza è un pasticcio » (la richesse c’est le bordel) : Dans la villa la plus chère, en effet, il y avait dans un bain aux murs pleins de dessins érotiques et même pornographiques, un seigneur qui se faisait sodomiser par un gros chien. Leurs corps furent couverts avec la très rapide et très mortelle poussière volcanique. Le moulage du plâtre fait avec minutie permet de démasquer la pratique zoophilique de ce seigneur mille neuf cents ans après.

Remontant avec peine les escaliers chez lui, au-dessus du magasin, Ahmed, l’épicier, remarque pour la première fois que les marches qu’il a construites six ans avant sont trop hautes. Il sourit en se souvenant qu’à presque soixante-dix ans, il avait été filmé par des touristes allemands en train de manier la pelle lors de la pose artisanale de la dalle. Son sourire devint un bonheur inavoué, en pensant qu’il avait presque fini une nouvelle maison à son douar natal : Tagadirt, au milieu de la chaîne de l’Anti Atlas. Il ne regrette pas le temps passé. A présent, il a deux grands fils et deux maisons !

Essoufflé, il parvint au premier étage où était son fils aîné, Saïd, enseignant dans un lycée de Casablanca.
-         --   Mon fils ! Dans le magasin il y a une pluie d’argent ! Je suis fatigué je n’ai même pas compté la caisse de plusieurs millions de centimes ! Ton petit frère va prendre le magasin à partir de demain. Il te donnera mille Dirhams par mois pour t’aider car je sais que tu ne touches pas beaucoup dans ton travail d’enseignant !

En effet, le professeur ne touchait, comme salaire mensuel net, que mille cent Dirhams. Il était donc fort content de pouvoir quasiment doubler ses revenus d’autant plus qu’il avait donné à son père les six mille Dirhams d’économies faites durant ses trois premières années de service dans l’Education Nationale où il avait un salaire initial de cinq cent quarante Dirhams par mois.

Avec cette modique somme, il était parvenu à vivre complètement indépendant de sa famille et à obtenir avec mention Bien, son baccalauréat français (A4) et à faire par télé-enseignement, le premier cycle à l’Université de Bordeaux puis à réussir un concours pour faire, à Casablanca, une formation de deux ans afin de devenir professeur de collège. Ensuite, il fut nommé aux lycées Al Kindy, puis Abdel Krim Khettabi à Nador, dans l’extrême nord du royaume où il créera la région Rif du Parti Communiste Marocain (PLS puis PPS), et où il sera SR adjoint de l’UMT (Union Marocaine du Travail). Mais au bout de trois ans, il sera affecté au lycée Mohamed V de Casablanca.

Il réussira le concours du Cycle Spécial pour la formation en deux ans de professeurs de lycées en France. A Caen, en Basse Normandie, et parallèlement à sa formation pédagogique à l’Ecole Normale du Calvados, il obtiendra une maîtrise à l’Université et un Diplôme Supérieur en Psychopédagogie avec Gaston Miallaret. Formé en France, Saïd reviendra au grand lycée technique d’Al Khawarizmy de Casablanca. Il fera un troisième cycle en Sciences de l’Education à l’Université Mohamed V avec Moussa Chami…

Lorsqu’un de ses anciens camarades sera nommé Ministre de l’Education Nationale par Hassan II, il obtiendra un ordre de mission pour aller préparer une agrégation à l’Ecole Normale de Fontenay Saint-Cloud (Paris)…Revenu, il sera nommé dans les Classes Préparatoires puis au CPR.

Quant à Abdel, le jeune frère de Saïd, né huit ans après lui, il arrivera au lycée Ibn Abbad après que les coopérants moyen orientaux aient remplacé les enseignants français. La descente aux enfers du système éducatif marocain commençait. Celui-ci est basé sur l’échec de la majorité des élèves qui ont le malheur de ne  pas faire d’heures supplémentaires ou de ne pas avoir leurs parents constamment derrière eux.

Comme l’indépendance nationale, le jeune Abdel avait quinze ans : Un adolescent intelligent ne pouvait pas réussir, ni même continuer ses études dans un système éducatif hypocrite et malade en pleine adolescence. Si Abdel était né dix ans plus tôt, il aurait été un grand docteur ou un grand ingénieur... 

Mais, pour réussir dans la vie, notre école est, de toute façon, incapable de donner ce qui compte le plus : la volonté mariée à l'intelligence. Il faut être ignorant, idiot ou imbécile pour croire, aujourd’hui, qu’un individu bardé de diplômes des plus grandes universités vaut plus qu’un autodidacte qui a de la volonté et de l'intelligence. A présent les diplômes ressemblent aux très nombreuses médailles que portaient trop fièrement sur la poitrine lors des cérémonies les vieux officiers de l’Armée Rouge. De jolis accessoires de la drogue du système. En voyant Abdel, Saïd a souvent une grande envie de se torcher avec ses diplômes. Un gaspillage se dit-il…