Le sud de Tafraout était le bled de la famine et de la misère, il y a moins d'un siècle. Il est aujourd'hui le pays des milliardaires avec le marabout Sidi Hmad Ou Moussa. La tombe de ce sidi se trouve à Tazerwalte. Il y a plus de 400 ans Tazerwalte était un Etat qui allait de l'océan Atlantique a Touat actuellement occupé par Alger ! Le village qui porte son nom était un grand souk. Il y avait un marché d'esclaves très actif jusqu'à l'arrivée des Français début des années 1930. Ces Français déclarent et répètent qu'ils ont mis fin à l'esclavage. En réalité ils ont seulement changé sa forme en remplaçant le maitre en chair et en os par le capital satanique lorsqu'il est exclusif et soutenu par les bureaucrates corrompus et racketteurs. Notre vécu ! Mon grand père, Hadj Addy Boukioud d'Ayoufiss Idaou Gnidif, a acheté un petit malien d'une douzaine d'année à ce souk de Tazerwalte. Il a amené une vache très maigre et il a eu par troc l'enfant noir et un sac de blé !
Ma grand-mère me prenait dans ses bras et me racontait les merveilleuses histoires de Hmad Ou Moussa évidemment imaginaires. En étudiant la belle mythologie grecque, je retrouvais des contes de mamie. Ces derniers reflétaient leur sagesse, leur poésie et leur tragédie. Mais l'islam y aggravait le fatalisme...
La semaine passée, j'ai été au moussem de Tazerwalte. Le village était archi comble. Le groupe musical Oudaden animait la scène. Des centaines de jeunes dansaient librement. Des groupes de jeunes femmes dansaient sans foulard ce qui révolutionne les mentalités. Dans cet Anti Atlas la condition de la femme est, en effet, encore très archaïque. Lorsqu'une fille montra un sein par accident, les montagnards ont failli déclencher une émeute.
Selon les apprentis Taliban, le "mal" du moussem n'a pas été seulement la liberté des femmes, il a été aussi la consommation de l'alcool. On ne buvait pas de la bière ou du vin. On buvait en cachette de la mahia (eau de vie dosée à plus de 40 degrés !). Comme dans la boite de nuit de Nouadhibou en Mauritanie, les gens buvaient dans leurs voitures puis sortaient danser. Ce cirque profite aux producteurs et aux contrebandiers de la mahia clandestine...
Au premier plan le marabout Sidi Hmad Ou Moussa
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