Stade un: Les épiceries
Protégés par les Français, nous descendions de nos montagnes. Dans les villes des plaines, nous ouvrions des épiceries. Un épicier gagnait autant sinon plus qu'un caïd. L'air français de la liberté et de l'égalité nous parvenait. Mais notre clergé nous répétait que ces faux mecs riant sont des mécréants qui iront en enfer. Avec les juifs nous vendions des alcools. Puis avec l'âne-des-ponts-danse (l'indépendance) nous découvrîmes que les alcools ne sont pas halal. Tel un Zorro de malheur, les bureaucrates arrivèrent. Ils vendirent les juifs et se mirent à faire leur beurre avec les alcools...
Stade deux: Les huiles
Nous laissions le breuvage haram pour nous tourner vers l'huile d'olive. La soif du profit nous poussait à trafiquer cette huile. A Meknès, nous la mélangeâmes avec l'huile de vidange d'avions et d'autres engins. Trois mille personnes deviennent handicapés à vie. Des dizaines perdent la vie après avoir consommé cette huile trafiquée. Informé par les bureaucrates corrompus, le plus riche verse son huile dans les égouts. D'autres trafiquants sont condamnés à mort et à la prison à perpétuité. Ils sont tous devenus hadj...
Stade trois: Les gaz
Juste après l'huile d'olive, le capital soussi, éloigné des banques, commença à truster dans l'huile fossile. De fil en aiguille on passa du pétrole au gaz évidemment avec l'aide des bureaucrates qui orchestrent très arbitrairement l'économie marocaine. La corruption et le racket atteignirent leur vitesse de croisière. De grosses fortunes se formaient. En même temps l'immense majorité des Marocains glissait vers le lumpen prolétariat c'est-à-dire la pauvreté. Les bureaucrates désignés ou élus, devenaient, en général, des voleurs impunis
Stade quatre: Les pets ou les hzaq
Le stade ultime de tout corps malade est le pourrissement. Celui-ci dégage des gaz. Et en parler marocain les pets sont synonymes de la misère. Les épiceries sont réduites telles des peaux de chagrin par les Turcs, les Français, les Fassis; les agents de X, de Y etc... Pour que la belle vie du beau royaume puisse continuer les chimpanzés parvenus doivent retourner dans les arbres. Mais le temps ne fait pas de marche arrière ! Je l'ai très bien compris (début des années 1970, j'ai eu au bac français A 4 comme sujet de philo : Le temps. Ma dissertation a eu la meilleure note)...
A mon âge je pense qu'au lieu d'attaquer ceux qui m'ont volé des hectares de banane, je préfère mourir de rire. Ce rire est interrompu par une brève et triste discussion avec mes enfants sur la question "Faut-il mettre le mort dans une caisse (cercueil) ou dans du simple tissu pour l'enterrer ? Je n'ai pas dit ce que je préfère car mourir c'est une fin absolue.
Prochain article : Faut-il liquider notre trop riche frère Aziz Akhannouch ?